Noomane Fehri, DG de B@Labs : En Tunisie, « on a des jeunes du XXIe siècle, gouvernés par des gens du XXe siècle avec des idées du XIXe siècle ! »

Ancien Ministre tunisien des Technologies, de l’Information et des Communications au sein du gouvernement de coalition d’Habib Essid, Noomane Ferhi participe activement à l’élaboration de la Stratégie 2020 pour la transformation digitale de la Tunisie. Homme d’affaires avisé et très à l’écoute de la jeunesse, il a fondé à Tunis B@Labs, un incubateur de startups soutenu par la banque tunisienne BIAT. Une personnalité aussi réputée pour son franc-parler…

Un article de Bruno FANUCCHI, AfricaPresse.Paris

C’est donc riche d’une triple expérience dans le secteur numérique, ce qui lui confère une forte légitimité, que Noomane Fehri a participé le 13 février aux Xes Rencontres économiques de l’IMA (Institut du Monde Arabe, Paris) ,consacrées à « La transformation digitale dans le monde arabe ».

Aujourd’hui en Tunisie, comme dans l’ensemble des pays arabes, « on a des jeunes du XXIe siècle, gouvernés par des gens du XXe siècle avec des idées du XIXe siècle et des inventions du XVe siècle comme le papier… », lance-t-il d’emblée avec un sens certain de la formule.

« Il nous faut donner un coup de pied dans la fourmilière », ajoute-t-il aussitôt, pour s’adapter aux réalités nouvelles du pays car, assure-t-il, « on est dans une période de mutation exponentielle qui, dans les vingt ou trente ans, va transformer le monde sous nos yeux, comme si l’on sortait en accéléré du Moyen-Age à aujourd’hui ».

Quatre priorités d’action

Et pour s’adapter aux réalités nouvelles, se mettre à niveau et profiter pleinement des potentialités émergentes qu’offre cette « révolution numérique », comme la Tunisie en a l’ambition, Noomane Ferhi définit quatre priorités urgentes pour le pays.

1/ Connecter tous les Tunisiens, comme cela est d’ailleurs prévu dans le plan digital 2020 qu’il a contribué à élaborer quand il était au gouvernement. « Cela avance très bien, se réjouit-il, car 2,7 millions de familles tunisiennes sont d’ores et déjà connectées. »

2/ Connecter le système éducatif pour « aller très vite à l’éducation du XXIe siècle ». Voilà l’objectif, mais Noomane Ferhi reconnaît lui-même que « ce dossier avance moyennement » car deux ministères concurrents en ont la charge : le ministère des Infrastructures et le ministère de l’Éducation nationale. Il note cependant que certaines écoles, situées dans des régions qui parfois n’ont pas accès à L’eau, sont déjà connectées à internet !

3/ Enlever le papier, qu’il qualifie ni plus ni moins de « poison de l’économie »,d’ici à 2022. À entendre l’ancien ministre tunisien vouloir tout faire pour supprimer le papier au plus vite, Gutenberg doit se retourner dans sa tombe ! Mais là, l’objectif est loin d’être atteint car, avoue-t-il, « on n’a pas avancé d’un centimètre », même si l’on sait tous parfaitement que la « paperasse » est sous tous les cieux le cancer des administrations.

4/ Investir dans le numérique. Pour réussir la transformation digitale de la Tunisie, il n’y a pas quatre chemins et l’ancien ministre des Technologies, de l’Information et des Communications, qui n’a pas sa langue dans sa poche, invite les grands groupes du secteur privé – « s’ils veulent du moins avoir des clients dans quinze ou vingt ans [à] à mettre ce qu’il faut et à réinvestir massivement dans le numérique… au lieu de faire beaucoup d’argent et de bénéfices ! »
Sera-t-il entendu ?…

Article de AfricaPresse.paris

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